Laurette 1942, un long métrage qui en dit long….

Samedi 19 avril, au centre de Toulouse a eu lieu une table ronde qui était loin d’être ordinaire. Tout d’abord son décor. L’hôtel Assézat, magnifique bâtisse  de la Renaissance, témoignage d’une vie passée riche des différents talents de l’être humain. Et puis à cette table, des invités de marque, des invités qui marquent de par leurs paroles. Ils sont tous rassemblés autour d’un projet de valeur : le tournage d’un long métrage de Francis Fourcou : Laurette 1942, une volontaire au camp du Récébédou. Le réalisateur introduit en rappelant : « nous allons essayer en partie de combler les trous de mémoire, parce que de nombreuses femmes restées dans l’ombre ont été des héroïnes,  en prenant des places-clés dans ce conflit en tant que résistantes ». Il rappellera d’ailleurs que ce mot « résistance » a été choisi en souvenir de ce modèle de vie trouvé en Marie Durand et ses compagnes, qui, emprisonnées pour leur foi protestante, avaient résisté à l’ordre royal en Cévennes et avait tracé sur le mur de leur geôle le « REGISTER » bien célèbre.

Laurette 1942, un long métrage qui en dit long….

Laurette 1942, un long métrage qui en dit long….

Marie-Claire Escaffre, présidente l’Association Mémoire Active du Récébédou puis Santiago Mendieta, journaliste, vont chacun relater des faits qui n’honorent pas l’être humain : les horreurs de ce camp d’internement du sud-ouest. Appuyée par le témoignage poignant de Mr Seifer, cette table ronde n’a rien d’un lieu d’échanges de savoirs. La tragédie humaine y est décrite et la famille de Mr Seifer en fut une triste victime. Hubert Strouk, coordinateur régional du mémorial de la Shoah, montrera combien ce camp du Récébédou est le sédiment de plusieurs mémoires : l’enfermement des juifs venus de l’étranger et des Indésirables, des Républicains espagnols, la résistance, les sauvetages. Enfin, le pasteur de l’église protestante de Toulouse, Jean-Pierre Nizet, reviendra sur l’action de cette résistante protestante, Laurette Alexis-Monet, volontaire de la CIMADE dans ces camps de 1942. Il rappellera combien les thèses de Pomeyrol, écrites en septembre 1941 par un groupe de protestants, ont été une balise essentielle dans ce monde envahi par le nazisme et la persécution des juifs. Publiées, elles ont permis à de nombreux protestants de se positionner et de devenir de manière incognito des Justes. Ne doivent-ils pas être nos modèles aujourd’hui ?

Ne manquons pas de soutenir ce film :  http://www.laurette1942-lefilm.fr/

Martine Durand